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Quotidien indépendant d'information générale, d'analyse, d'enquête et de lutte contre la désinformation en Centrafrique

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RCA : JONAS KELLY NZOKO ET IRÉNÉE ROMÉO GBAKOBO CONTESTENT LEUR RADIATION DU PARTI RDC ET INVOQUENT UNE VIOLATION FLAGRANTE DES STATUTS 

 

Politique :

 

La décision de radiation de Jonas Kelly NZOKO et d’Irénée Roméo GBAKOBO du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) ouvre un nouveau front de contestation au sein de cette formation politique. Les deux intéressés entendent remettre en cause aussi bien le fond que la forme de la décision prise le 11 septembre 2026 et annoncent leur intention de saisir les instances compétentes du parti, voire les juridictions compétentes.

 

Dans leur argumentaire, Jonas Kelly NZOKO, présenté comme Premier Vice-président du parti, et Irénée Roméo GBAKOBO contestent notamment la compétence de l’organe ayant prononcé leur radiation. Ils estiment que la mention d’un « Bureau politique en formation disciplinaire » ne correspondrait à aucun organe expressément prévu par les statuts du RDC.

 

Selon leur lecture des textes internes, la procédure disciplinaire relèverait du Comité Directeur. Ils soutiennent également que, lorsqu’il s’agit d’un membre du Bureau politique, les statuts prévoiraient une procédure spécifique, notamment un vote de défiance à la majorité qualifiée. Ces arguments devront toutefois être confrontés au contenu officiel et intégral des statuts ainsi qu’à la décision de radiation elle-même.

 

Les deux responsables mettent également en avant la question du droit de défense. Ils affirment ne pas avoir été suffisamment mis en mesure de présenter leurs explications avant la décision. Pour eux, une procédure disciplinaire ne peut être considérée comme régulière que si les intéressés ont été informés des griefs qui leur sont reprochés et ont eu la possibilité de faire valoir leurs moyens de défense.

 

Autre point soulevé : l’absence, selon eux, de précisions relatives à un vote collégial. Jonas Kelly NZOKO et Irénée Roméo GBAKOBO s’interrogent sur le quorum, les modalités de vote et la majorité ayant éventuellement conduit à leur radiation. Ils considèrent que ces éléments sont essentiels lorsqu’une décision concerne un responsable élu au sein des structures dirigeantes du parti.

 

Les intéressés relèvent par ailleurs ce qu’ils présentent comme une contradiction dans les motifs de la décision. Celle-ci ferait référence à des faits considérés comme flagrants tout en s’appuyant, selon eux, sur des griefs nécessitant une procédure disciplinaire contradictoire. Ils demandent ainsi que soient précisés les faits qui leur sont exactement reprochés, leur qualification et les éléments sur lesquels repose la sanction.

 

Une autre anomalie matérielle est également évoquée : la décision ferait apparaître une divergence dans la dénomination de la fédération concernée, entre « France-Europe-USA » et « France-Europe-Asie ». Pour les deux contestataires, cette différence mérite d’être clarifiée afin d’établir avec précision le champ d’application de la décision.

 

Au-delà de leur situation personnelle, Jonas Kelly NZOKO et Irénée Roméo GBAKOBO entendent transformer cette contestation en débat sur le fonctionnement interne du RDC. Ils soutiennent qu’un parti politique doit appliquer ses propres textes, y compris lorsqu’il s’agit de sanctionner l’un de ses responsables. « Nous ne contestons pas le droit du parti de sanctionner, mais nous contestons la méthode », résument-ils dans leur argumentaire.

 

Ils demandent notamment la convocation du Comité Directeur afin que la question soit examinée dans le cadre des mécanismes prévus par les textes du parti. Ils n’excluent pas non plus la possibilité de demander la tenue d’un Congrès extraordinaire.

 

Cette nouvelle crise intervient alors que le RDC a déjà connu, ces dernières années, plusieurs épisodes de tensions internes autour de sa direction et de mesures disciplinaires. En juillet 2024, par exemple, le Comité Directeur avait annoncé la dissolution du Bureau politique provisoire dans l’attente d’un Congrès et avait renvoyé certains responsables devant le Congrès pour d’éventuelles sanctions. En 2021, des décisions de radiation avaient également fait l’objet d’une contestation interne, certains responsables les déclarant contraires aux statuts du parti.

 

Dans le dossier actuel, la controverse porte donc moins, pour les intéressés, sur le principe même du pouvoir disciplinaire du RDC que sur la procédure utilisée et sur la compétence de l’organe ayant pris la décision.

 

Jonas Kelly NZOKO et Irénée Roméo GBAKOBO affirment vouloir utiliser d’abord les mécanismes internes de recours. Ils indiquent également que, si aucun règlement n’intervient au sein du parti, ils pourraient saisir les juridictions compétentes.

 

Pour l’heure, leur contestation constitue une réponse politique et juridique à la décision de radiation. La portée exacte de leurs arguments dépendra notamment de l’examen des statuts du RDC, du règlement intérieur, de la décision de radiation du 11 septembre 2026 et des éventuelles pièces attestant de la procédure disciplinaire suivie.

 

Le bras de fer est désormais engagé entre les deux responsables radiés et la direction du parti, avec en toile de fond une question centrale : les règles internes du RDC ont-elles été respectées dans la procédure ayant conduit à leur radiation ? 

 

Affaire à suivre de très près... 

 

Par Selda Junior BOUTÉ

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