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La ville de Mbaïki, chef-lieu de la Préfecture de la Lobaye, sous un soleil radieux et dans une ambiance empreinte de solennité, a accueilli, le mardi 10 juin 2026, une cérémonie historique marquant une nouvelle étape dans le processus de consolidation de l’autorité de l’État en République centrafricaine. La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies et Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, a officiellement remis aux autorités centrafricaines la base opérationnelle de Mbaïki ainsi que six autres bases situées à Bamingui, Dékoa, Dilapoko, Ippy, Kouango et Pombolo.
L’événement s’est déroulé en présence du Premier ministre, Félix Moloua, représentant le Président de la République, ainsi que de plusieurs membres du Gouvernement, des partenaires internationaux, des autorités militaires et sécuritaires, sans oublier les représentants des collectivités locales. Une mobilisation qui témoigne de l’importance stratégique de cette cérémonie, considérée par de nombreux observateurs comme l’un des symboles les plus significatifs de l’évolution positive de la situation sécuritaire dans le pays.
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Cette rétrocession intervient dans un contexte marqué par les efforts continus du Gouvernement centrafricain pour restaurer son autorité sur l’ensemble du territoire national. Longtemps confrontée à l’instabilité et à l’occupation de certaines zones par des groupes armés, la République centrafricaine enregistre aujourd’hui des avancées notables grâce à la montée en puissance des Forces armées centrafricaines, au renforcement des Forces de sécurité intérieure et à l’appui constant de ses partenaires internationaux.
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La base de Mbaïki constitue à elle seule une infrastructure de grande envergure. Érigée sur une superficie de 214.500 mètres carrés, elle comprend plusieurs bâtiments administratifs et logistiques, des installations d’hébergement, des zones d’atterrissage pour hélicoptères, des forages d’eau, des groupes électrogènes ainsi que de nombreux équipements destinés à soutenir les opérations sécuritaires.
Plus précisément, cette base de Mbaïki comprend notamment deux zones d’héliport, cinq bâtiments en dur, trente-neuf bâtiments préfabriqués, deux groupes électrogènes de 75 KVA, deux forages d’eau équipés de systèmes de pompage, 140 climatiseurs, un incinérateur et plusieurs tours de garde. Désormais placée sous la responsabilité de l’État centrafricain, cette infrastructure représente un outil stratégique qui contribuera au renforcement de la présence de l’administration et des forces de défense dans la préfecture de la Lobaye.
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Cette cérémonie marque une étape importante dans le partenariat entre la République centrafricaine et la MINUSCA. À travers la cession de sept bases opérationnelles situées à Mbaïki, Bamingui, Dékoa, Dilapoko, Ippy, Kouango et Pombolo, la Mission des Nations unies concrétise le transfert progressif de certaines responsabilités sécuritaires et administratives aux autorités centrafricaines.
Dans son intervention, Valentine Rugwabiza a rappelé que cette remise officielle n’est pas un simple transfert de bâtiments ou d’équipements. Elle traduit avant tout une évolution concrète de la situation sur le terrain et la confiance croissante accordée aux institutions nationales.
Selon la Cheffe de la MINUSCA, les progrès enregistrés dans la restauration de l’autorité de l’État, la stabilisation des institutions républicaines et la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation ont créé les conditions nécessaires à cette nouvelle phase du partenariat entre les Nations unies et la République centrafricaine.
Elle a également insisté sur le fait que cette reconfiguration ne signifie nullement un désengagement de la Mission onusienne. Au contraire, la MINUSCA entend adapter son dispositif aux nouvelles réalités du terrain afin de concentrer davantage ses ressources dans les zones nécessitant encore une attention particulière. « Reconfiguration ne signifie pas abandon », a-t-elle martelé devant les autorités et les populations venues nombreuses assister à la cérémonie.
Pour les autorités centrafricaines, cette remise revêt une portée hautement symbolique. Elle illustre la capacité grandissante de l’État à assumer progressivement des responsabilités autrefois exercées ou soutenues par la Mission des Nations unies. Au-delà du transfert des infrastructures, ce sont également des missions liées à la sécurisation des populations, à la protection des civils et à l’appui aux autorités locales qui sont progressivement reprises par les institutions nationales.
Prenant la parole au nom du Président de la République, le Premier Ministre Félix Moloua a salué l’accompagnement constant de la MINUSCA dans les efforts de stabilisation du pays. Il a exprimé la gratitude du Gouvernement centrafricain envers les Nations unies et l’ensemble des contingents qui ont contribué à la sécurisation des différentes régions du pays. Le Chef du Gouvernement a également lancé un appel à la responsabilité en invitant les futurs occupants de ces infrastructures à en assurer une gestion rigoureuse et à veiller à leur préservation.
Pour les autorités locales, cette cérémonie représente bien plus qu’un simple acte administratif. Elle symbolise l’espoir de voir l’État renforcer davantage sa présence dans les régions et répondre efficacement aux attentes des populations en matière de sécurité, de développement et de services publics.
La remise de ces sept bases apparaît ainsi comme l’illustration concrète des progrès réalisés par la République centrafricaine sur le chemin de la paix et de la stabilité. Elle témoigne également de la volonté commune du Gouvernement et de la MINUSCA de préparer progressivement les conditions d’une prise en charge nationale durable des responsabilités régaliennes.
À Mbaïki, le passage de témoin entre les Casques bleus et l’État centrafricain ouvre désormais un nouveau chapitre : celui de la consolidation des acquis et du renforcement de la souveraineté nationale au bénéfice de l’ensemble du peuple centrafricain. La MINUSCA a passé officiellement le témoin, l’État centrafricain doit impérativement affirmer davantage sa souveraineté.
Selda Junior BOUTÉ,
de retour de Mbaïki