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Alors que l'épidémie de la maladie à virus Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine renforce son dispositif de prévention. Consciente du rôle déterminant des médias dans la sensibilisation des populations, la Croix-Rouge centrafricaine, avec l'appui du ministère de la Santé publique et de la Population, a réuni, ce mercredi à son siège du 3ᵉ arrondissement de Bangui, plus d'une vingtaine de professionnels des médias à l'occasion d'un atelier de briefing consacré à la maladie à virus Ebola (MVE).
Cette rencontre a rassemblé des journalistes issus des médias publics et privés, ainsi que des responsables de la Croix-Rouge centrafricaine, dans le but de renforcer leurs connaissances sur cette maladie hautement contagieuse et de les préparer à jouer pleinement leur rôle dans la prévention d'une éventuelle introduction du virus sur le territoire national. Les échanges ont porté sur les bonnes pratiques de prévention, l'identification des rumeurs et des préoccupations communautaires, la remontée d'informations du terrain, la notification précoce des cas suspects ainsi que l'orientation des populations vers les structures sanitaires compétentes. Les organisateurs ont également insisté sur la nécessité de lutter contre la peur, la stigmatisation et la désinformation qui accompagnent souvent les flambées épidémiques.
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Pour Valentin Nebanga, chef du service de la promotion de la santé à la Croix-Rouge centrafricaine, cette initiative intervient dans un contexte où la vigilance doit être renforcée face à l'évolution inquiétante de la situation sanitaire dans le pays voisin.
« Nous voulons attirer l'attention des journalistes sur le fait que le risque d'introduction du virus Ebola en République centrafricaine devient de plus en plus préoccupant. Depuis la déclaration de l'épidémie en mai dernier dans la province de l'Ituri, celle-ci s'est étendue jusqu'à la province de l'Uélé, frontalière avec notre pays. Nous devons donc intensifier la communication afin que les populations adoptent les comportements préventifs nécessaires et que, si un cas survenait, son impact soit rapidement maîtrisé », a-t-il expliqué.
Selon lui, les journalistes constituent un maillon essentiel de la riposte sanitaire. Leur mission ne se limite pas à diffuser des informations, mais consiste également à écouter les préoccupations des communautés afin d'apporter des réponses fiables, adaptées et fondées sur des données scientifiques.
« Le journaliste a pour mission d'informer, de sensibiliser et d'accompagner les actions entreprises par le ministère de la Santé publique et de la Population. Avant de communiquer, il est important d'écouter les préoccupations des communautés afin de leur apporter des informations fiables et adaptées », a-t-il ajouté.
Les experts ont également présenté les principaux facteurs susceptibles de favoriser l'introduction du virus Ebola en République centrafricaine. Parmi les risques externes figurent la longue frontière commune avec la République démocratique du Congo, caractérisée par de nombreux points de passage informels difficilement contrôlables, les échanges quotidiens de produits agricoles et miniers entre la province congolaise de l'Uélé et les préfectures de l'Est de la Centrafrique, ainsi que les liaisons aériennes reliant notamment Goma et Kampala à Bangui.
À ces facteurs s'ajoutent plusieurs vulnérabilités internes, notamment les ruptures récurrentes des équipements de protection individuelle et des produits d'hygiène, le risque élevé d'exposition du personnel de santé en première ligne, les pratiques funéraires traditionnelles impliquant un contact direct avec les dépouilles, ainsi que les mouvements de réfugiés et des artisans miniers provoqués par l'insécurité dans certaines zones frontalières.
À travers cette session de renforcement des capacités, la Croix-Rouge centrafricaine et le ministère de la Santé publique et de la Population entendent faire des professionnels des médias des partenaires de premier plan dans la prévention de la maladie à virus Ebola. En misant sur une communication responsable, crédible et de proximité, les autorités espèrent renforcer la vigilance des communautés, promouvoir les gestes barrières et préserver la République centrafricaine d'une éventuelle importation de cette redoutable maladie.
La Rédaction