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Quotidien indépendant d'information générale, d'analyse, d'enquête et de lutte contre la désinformation en Centrafrique

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RCA : LA FECAM MOBILISE PLUS DE 150 ARTISTES À SAMBA ET OBTIENT L'ENGAGEMENT DE CATHERINE SAMBA-PANZA POUR RELANCER LE SECTEUR ARTISTIQUE CENTRAFRICAIN 

 

La Fédération Centrafricaine de Musique (FECAM) a effectué, samedi 11 juillet 2026, une visite à la Fondation Catherine Samba-Panza pour les Femmes (FCSPF), située au village Samba, à une quinzaine de kilomètres de Bangui. Cette rencontre a réuni près de 150 artistes de différentes disciplines autour de l'ancienne Cheffe d'État de Transition, Catherine Samba-Panza, dans le but d'échanger sur les défis du secteur culturel et les perspectives de son développement. 

 

Au cours d'un entretien accordé au journal Le Gardien-Médias, le président de la FECAM, Saint-Juste Guere-Mbenzi, a expliqué que cette initiative répond à la volonté de faire de Catherine Samba-Panza une personne-ressource capable d'accompagner la renaissance de la culture centrafricaine.

 

« Nous avons identifié en elle une personnalité qui peut jouer un rôle important pour booster la culture et l'art centrafricain. Comme nous sommes les promoteurs du Centre Culturel National qui porte son nom, nous avons souhaité créer un cadre de dialogue afin qu'elle puisse écouter directement les artistes et comprendre leurs véritables besoins », a-t-il déclaré. 

 

Selon lui, cette rencontre s'inscrit dans la continuité de l'engagement pris par l'ancienne présidente lors de l'inauguration du Centre Culturel National, où elle avait promis d'accompagner cette institution. Pour la FECAM, soutenir ce centre revient également à soutenir l'ensemble des artistes centrafricains. 

 

Quatre principales préoccupations ont été soumises à Catherine Samba-Panza. Il s'agit du renforcement des capacités des artistes, de l'amélioration des moyens logistiques du secteur culturel, de la création d'un Festival des Musiques Authentiques de Centrafrique, destiné à attirer des artistes étrangers, ainsi que du lancement d'un programme baptisé « Tremplin des Jeunes Talents », visant à promouvoir la nouvelle génération d'artistes. 

 

Au-delà de ces projets, la FECAM souhaite instaurer une collaboration durable entre les artistes et l'ancienne Cheffe de l'État de Transition afin de favoriser un accompagnement permanent du secteur culturel. Le président de la fédération s'est déclaré pleinement satisfait de cette journée, tant par la forte mobilisation que par les résultats obtenus. « Nous avions prévu la participation de 100 artistes, mais près de 150 ont répondu présents. Nous estimons avoir atteint nos objectifs. Il nous appartient désormais d'explorer les voies de mise en œuvre des solutions évoquées », a-t-il affirmé. 

 

En marge des échanges, les participants ont procédé à une plantation symbolique d'arbres, un geste que Saint-Juste Guere-Mbenzi présente comme un engagement citoyen des artistes en faveur de la protection de l'environnement et du changement de mentalité. 

 

Il a également salué l'esprit d'unité qui a marqué cette rencontre, estimant que les artistes doivent désormais dépasser leurs divergences afin de parler d'une seule voix pour défendre les intérêts de la culture centrafricaine. Cette rencontre a réuni des artistes issus de plusieurs disciplines, notamment de la musique moderne, du gospel, du rap, du slam, de la musique traditionnelle modernisée, ainsi que des stylistes et d'autres acteurs du monde culturel. 

 

Concernant la réaction de Catherine Samba-Panza, le Président de la FECAM s'est réjoui de l'accueil favorable réservé à cette démarche. Selon lui, l'ancienne présidente a indiqué qu'elle attendait de collaborer avec une structure crédible et sérieuse, estimant que le manque de confiance constitue souvent un frein au soutien institutionnel en faveur de la jeunesse et de la culture.

 

À l'issue de l'activité, l'ancienne Présidente de la République de Transition, Madame Catherine Samba-Panza, a livré à la presse ses impressions en ces termes : « Le Centre Culturel National porte mon nom, Catherine Samba-Panza. J'ai également créé une fondation qui porte mon nom. Il était donc important pour moi d'apporter le soutien nécessaire aux artistes qui évoluent dans le cadre de cette fondation et du Centre Culturel National. 

 

Lorsque j'ai été sollicitée par le président du Centre Culturel National Catherine Samba-Panza, je ne pouvais que répondre favorablement afin de les soutenir et de les accompagner. 

 

Je n'ai pas beaucoup de moyens, mais je leur ai offert un espace où ils ont pu se réunir. Je continuerai à mettre cet espace à leur disposition. Je peux également mener un plaidoyer et organiser des activités, même modestes, en faveur des artistes. Il est important qu'ils se sentent accompagnés et soutenus. Le peu que je peux faire, je le ferai. 

 

Les artistes centrafricains ont beaucoup de talent. Malheureusement, l'environnement artistique, culturel, social, économique et politique ne leur permet pas toujours de s'affirmer et d'évoluer. Si nous pouvons les accompagner d'une manière ou d'une autre, ce sera une bonne chose. 

 

Mais il appartient aussi aux artistes d'être responsables. Lorsqu'on leur donne des moyens, ils doivent les gérer avec responsabilité. À l'époque où j'étais Cheffe de l'État de la Transition, j'avais soutenu les artistes en mettant à leur disposition des équipements et un centre d'enregistrement. Malheureusement, ces acquis n'ont pas été correctement entretenus et nous les avons perdus. C'est désormais du passé. Je ne souhaite pas revenir là-dessus, mais cette expérience doit nous rappeler l'importance de préserver le peu de moyens qui sont mis à la disposition des artistes », a-t-elle conclu. 

 

Enfin, Saint-Juste Guere-Mbenzi Président de la Fédération Centrafricaine de Musique, a lancé un appel aux autorités centrafricaines afin qu'elles accordent une place plus importante au secteur culturel. Il a rappelé que les artistes ont un rôle essentiel à jouer dans la consolidation de la paix, en contribuant à désarmer les cœurs, à réconforter les populations affectées par les crises et à promouvoir la cohésion sociale. 

 

Reportage de

Selda Junior BOUTÉ 

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