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Quotidien indépendant d'information générale, d'analyse, d'enquête et de lutte contre la désinformation en Centrafrique

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RCA : « AM-DAFOCK EST PROGRESSIVEMENT STABILISÉE ET SOUS CONTRÔLE DES FACA », LE PRÉFET DE LA VAKAGA RASSURE 

 

Une semaine après la violente attaque meurtrière du 30 juin 2026 qui a endeuillé Am-dafock, dans la préfecture de la Vakaga, les autorités centrafricaines veulent envoyer un message clair : la situation évolue et un nouveau dispositif sécuritaire est en cours de déploiement. Lors d'une conférence de presse conjointe organisée le mardi 7 juillet 2026 entre Bangui et Birao par la MINUSCA, les autorités nationales et la Mission des Nations Unies ont fait le point sur l'évolution de la situation sécuritaire et humanitaire, tout en annonçant une série de mesures destinées à renforcer durablement la sécurité dans cette zone frontalière stratégique. 

 

Animée par le porte-parole par intérim de la MINUSCA, Joël Ndoli Pierre, la rencontre a réuni, depuis Birao, le préfet de la Vakaga, le Lieutenant-colonel Jude Ngayoko, et le chef du bureau de terrain de la MINUSCA de Birao, Amadou Moctar Diallo. Face aux interrogations des journalistes, le Préfet s'est voulu rassurant. Selon lui, Am-dafock retrouve progressivement son calme grâce aux opérations menées par les Forces armées centrafricaines (FACA), avec l'appui de leurs alliés russes et de la MINUSCA. 

 

Sans révéler les détails du nouveau dispositif militaire pour des raisons de sécurité, il a annoncé que d'importants renforts sont déjà en cours de déploiement. « Nous sommes en train de changer la donne », a-t-il affirmé, expliquant que les enseignements tirés de l'attaque du 30 juin ont conduit les autorités à adapter leur stratégie afin de prévenir toute nouvelle offensive. Abordant l'identité des assaillants, le Préfet a déclaré que l'attaque aurait été menée par des groupes armés centrafricains, notamment le FPRC et l'ASP, avec l'appui, selon les autorités, de mercenaires soudanais et tchadiens. 

 

Il a également assuré que les populations d'Am-dafock ne sont pas abandonnées. Le Gouvernement entend poursuivre le renforcement de la présence de l'État dans cette région sensible à travers un déploiement accru des FACA et des instructeurs russes, une intensification des patrouilles et une coopération renforcée avec les partenaires nationaux et internationaux. Il a, par ailleurs, salué la réaction des FACA et de leurs alliés russes, qui a permis de reprendre le contrôle de la localité et de rétablir progressivement la sécurité. Sur le plan humanitaire, la situation demeure préoccupante. Plus de 16.000 personnes déplacées restent regroupées à proximité de la base de la MINUSCA à Am-dafock, tandis que plus de 2.000 autres ont trouvé refuge à Birao. Malgré l'arrivée des premiers secours, les besoins humanitaires restent considérables. 

 

Le chef du bureau de terrain de la MINUSCA à Birao, Amadou Moctar Diallo, a indiqué quant à que la Mission a assuré la protection de plus de 16.000 civils, évacué 24 blessés vers Birao et Bria et acheminé trois tonnes d'aide humanitaire, composées notamment de médicaments et de kits de dignité. Il a également rappelé que la MINUSCA a investi près de 300 millions de FCFA au cours des deux dernières années à Am-dafock dans des projets de protection des civils, de réduction de la violence communautaire et de soutien au rétablissement de l'autorité de l'État. 

 

Interrogé par le journal Le Gardien-Médias au sujet des accusations de l'Alliance pour le Sursaut Patriotique (ASP), qui met en cause la MINUSCA dans les combats et lui demande de récupérer les corps abandonnés à Am-dafock, Amadou Moctar Diallo a rejeté ces allégations, les qualifiant « d'accusations sans fondement ». Il a rappelé que la Mission agit exclusivement dans le cadre du mandat qui lui est confié par le Conseil de sécurité des Nations Unies, centré sur la protection des civils, le soutien à l'autorité de l'État et la facilitation de l'assistance humanitaire. « La MINUSCA n'est pas partie au conflit », a-t-il insisté, précisant qu'elle n'a pas à solliciter l'autorisation des groupes armés pour accomplir sa mission. 

 

Répondant à une autre question du journal Le Gardien-Médias sur la situation sécuritaire actuelle à Am-dafock, le Préfet de la Vakaga a affirmé que la situation est « progressivement stable et sous contrôle des forces gouvernementales ». Sans dévoiler les détails du dispositif militaire, il a annoncé un renforcement de la présence de la MINUSCA ainsi qu'un déploiement supplémentaire des FACA dans la localité, tout en précisant que les mesures prises tiennent compte des enseignements tirés de cette attaque. La MINUSCA a également démenti les rumeurs faisant état d'un retrait de ses forces de la Vakaga. Au contraire, elle affirme renforcer sa présence afin de poursuivre ses opérations de protection des civils, d'appui aux autorités nationales et d'assistance aux populations affectées.

 

Au finish, les responsables gouvernementaux et onusiens ont appelé les partenaires nationaux et internationaux à intensifier leur soutien en faveur des milliers de déplacés. Ils ont également exhorté les populations à éviter toute stigmatisation des réfugiés soudanais afin de préserver la cohésion sociale dans cette région particulièrement fragile.

 

Une semaine après le drame, les autorités affichent leur détermination à renforcer durablement la sécurité à Am-dafock. Reste désormais à savoir si les nouvelles mesures annoncées permettront d'empêcher réellement de nouvelles éventuelles attaques et de restaurer durablement la confiance du peuple. Les prochains jours seront peut-être déterminants. 

 

Par Selda Junior BOUTÉ

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