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Et si le plus grand défi de la République centrafricaine n'était plus seulement de rétablir la sécurité, mais de protéger les acquis du développement ? Depuis plusieurs années, le pays connaît une dynamique de reconstruction qui suscite l'espoir. Des routes en enrobé sont réalisées dans plusieurs localités, une avancée historique depuis l'indépendance de 1960. De nouveaux hôpitaux, des écoles, des ouvrages d'art et des infrastructures aéroportuaires sortent progressivement de terre grâce aux efforts de l'État et à l'appui de partenaires techniques et financiers, notamment la Banque Mondiale (BM) et la Banque Africaine de Développement (BAD).
Parallèlement, les projets régionaux CD13 et CD14 progressent avec une ambition claire : désenclaver la République centrafricaine en la reliant aux pays voisins par des corridors routiers modernes. Au-delà des infrastructures, ces projets visent à faciliter les échanges commerciaux, réduire les coûts de transport, attirer les investisseurs, renforcer l'intégration régionale et créer des opportunités d'emploi.
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Ces réalisations ne sont pas de simples ouvrages en béton et en bitume. Elles représentent des années d'études, de négociations, de mobilisation de financements et de travail acharné sur le terrain. Elles incarnent l'espoir de millions de centrafricains qui aspirent à de meilleures conditions de vie.
Une route permet à un agriculteur d'écouler plus facilement sa production. Un pont ouvre l'accès à des villages longtemps isolés. Un hôpital rapproche les soins des populations. Une école offre à une génération entière la possibilité de construire son avenir. Une infrastructure aéroportuaire moderne facilite les échanges économiques, le tourisme, les investissements et les interventions humanitaires. Chaque chantier achevé constitue un investissement dans l'avenir du pays. Mais tout cela demeure fragile.
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L'expérience de nombreux pays montre que les conflits armés ont un coût économique et social considérable. Ils retardent les investissements, perturbent les activités économiques, provoquent le déplacement des populations, augmentent les dépenses de sécurité et ralentissent durablement le développement. Lorsqu'un chantier est interrompu par l'insécurité, ce ne sont pas seulement des murs ou des routes qui sont menacés, ce sont aussi des emplois, des revenus et des perspectives d'avenir.
La paix n'est donc pas uniquement une exigence sécuritaire. Elle est une nécessité économique, sociale et humaine. Sans stabilité, les investisseurs hésitent à s'engager, les partenaires réduisent leurs interventions et les populations continuent de subir les conséquences de l'instabilité.
Préserver la paix, c'est protéger les investissements déjà réalisés et permettre l'achèvement des projets en cours. C'est créer un climat favorable aux initiatives privées, encourager les entrepreneurs, renforcer la confiance des partenaires et offrir aux jeunes des perspectives autres que celles de la violence. Le développement durable ne se décrète pas. Il se construit jour après jour grâce à des institutions solides, à une gouvernance efficace, à la sécurité des populations et à la mobilisation de tous les acteurs de la nation.
Aujourd'hui, la République centrafricaine dispose d'une occasion de transformer durablement son avenir. Les infrastructures en cours de réalisation peuvent devenir le socle d'une croissance plus forte, d'une meilleure intégration régionale et d'une amélioration des conditions de vie. Encore faut-il que ces efforts soient préservés. Car une route peut être reconstruite. Un pont peut être réparé. Mais les vies perdues, les années de retard et les opportunités manquées ne se rattrapent jamais complètement.
Le choix est donc collectif : protéger la paix pour permettre au développement de porter ses fruits, ou laisser la violence compromettre les efforts engagés depuis plusieurs années. L'avenir de la République centrafricaine dépendra en grande partie de cette capacité à préserver la stabilité et à faire du développement un patrimoine commun au service de toutes les générations.
Il est donc judicieux de financer des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, plutôt que d'alimenter des rébellions qui détruisent des vies, des infrastructures et compromettent l'avenir de tout un peuple. Le développement construit, la violence détruit. Le choix est clair.
Par Selda Junior BOUTÉ