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L’association MONDALI s’est misée sur le peuple AKA pour raviver l’identité centrafricaine a travers un ambitieux projet. Le vendredi 24 juillet 2026, dans la salle de conférence où se côtoient représentants du gouvernement, diplomates, partenaires techniques et acteurs culturels ainsi que le peuple AKA, un message résonne avec force : la culture n'est pas seulement un héritage du passé, elle est aussi un levier de développement. C'est dans cette dynamique que l'association MONDALI a officiellement lancé son ambitieux projet consacré à la sauvegarde, à la promotion et à la valorisation du patrimoine culturel des peuples autochtones AKA, tout en œuvrant à l'amélioration de leurs conditions de vie.
La cérémonie s'est déroulée en présence de Monsieur Evan Michel Bamalé Bongo, directeur de cabinet du ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme, entouré de plusieurs représentants des autorités nationales. Les partenaires au développement, notamment la MINUSCA et l'Union européenne, ont également répondu présents, témoignant de l'intérêt croissant porté à la préservation des cultures autochtones en République centrafricaine.
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Au-delà du caractère protocolaire de l'événement, le lancement de ce projet marque le début d'une aventure humaine et scientifique qui ambitionne de redonner aux Centrafricains une partie de leur mémoire collective.
« NOUS AVONS PERDU NOTRE IDENTITÉ CULTURELLE »
Face aux journalistes, Valentina DAGBA, présidente de l'association MONDALI et initiatrice du projet, expose sans détour la philosophie qui guide son engagement. « MONDALI signifie "la femme bâtie". Notre association œuvre pour la valorisation du patrimoine culturel. La République centrafricaine possède d'immenses richesses, mais nous avons progressivement perdu ce qui nous identifie. Aujourd'hui, il devient difficile de dire ce qui représente véritablement l'identité culturelle centrafricaine, aussi bien au niveau national qu'à l'international », explique-t-elle au journal Le Gardien-Médias.
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Selon elle, c'est au cours de plusieurs déplacements dans la préfecture de la Lobaye que son équipe découvre toute la richesse culturelle des peuples AKA. « En allant à leur rencontre, nous avons compris qu'ils avaient conservé une partie précieuse de notre identité culturelle. Nous voulons faire connaître leurs traditions, leurs savoir-faire, leurs chants, leurs danses et leur mode de vie afin que les Centrafricains puissent se réapproprier leur patrimoine », poursuit-elle. Pour la présidente de MONDALI, la démarche ne consiste nullement à transformer les peuples AKA. « Nous ne sommes pas là pour les moderniser. Notre mission est d'améliorer leurs conditions de vie tout en protégeant leur culture. C'est précisément cette authenticité qui constitue leur richesse. »
UN TRAVAIL SCIENTIFIQUE AVANT TOUTE INTERVENTION
Contrairement à de nombreux projets qui débutent directement par des activités de terrain, MONDALI fait le choix de commencer par une vaste phase de recherche. L'association travaille déjà avec un chercheur spécialisé chargé de documenter l'origine des peuples AKA, leurs pratiques culturelles, leurs connaissances traditionnelles, leur organisation sociale ainsi que leur histoire. « Nous voulons produire une documentation solide. Avant d'agir, il faut comprendre qui sont réellement les AKA afin de préserver fidèlement leur patrimoine », souligne Valentina DAGBA. Cette démarche scientifique permettra de constituer une mémoire écrite sur un peuple dont les connaissances se transmettent encore largement de manière orale.
Culture et développement humain sont des mêmes combats. Si la culture constitue le cœur du projet, sa dimension sociale apparaît tout aussi importante. À l'occasion de la prochaine Journée internationale des peuples autochtones, prévue au mois d'août, MONDALI prévoit de mettre à l'honneur les chants traditionnels, les danses, les savoir-faire artisanaux ainsi que les expressions culturelles des AKA. Mais les ambitions de l'association vont bien au-delà de la promotion culturelle. Elle prévoit notamment la délivrance de 570 actes de naissance au profit d'enfants issus des communautés AKA ainsi que la scolarisation de 570 enfants pour l'année académique 2026-2027.
Pour Valentina DAGBA, l'accès à l'éducation demeure un facteur essentiel de développement. « Un enfant instruit pourra demain contribuer au développement de sa famille et de toute sa communauté ». Le projet prévoit également l'organisation de Miss AKA, une initiative destinée à promouvoir la beauté, les traditions et les valeurs culturelles de cette communauté autochtone. Prévu sur la période 2026-2027, le programme pourrait être prolongé en fonction des résultats des recherches actuellement en cours.
« NOUS AVONS BESOIN D'EAU, D'ECOLE ET D'ESPOIR »
Parmi les témoignages les plus marquants de cette cérémonie figure celui d'Agathe Bemou, jeune femme AKA originaire du campement de Zoméakaka et actuellement stagiaire dans l'hôpital de sa localité. Visiblement émue, elle exprime toute l'espérance que suscite ce projet au sein de sa communauté. « Je remercie sincèrement la présidente Valentina DAGBA. Nous souhaitons que MONDALI continue de nous accompagner dans les campements de Zoméakaka et d'Etoa afin que nous devenions les cadres de demain. »
Profitant de la présence des autorités, elle lance également un appel au gouvernement. « Nous avons besoin d'un forage pour avoir de l'eau potable, d'un moulin à manioc pour faciliter notre travail et d'enseignants pour notre école. Ce sont des besoins prioritaires pour notre population ». À son retour au village, Agathe promet de restituer les conclusions de cette rencontre et de sensibiliser les autres membres de la communauté à rejoindre cette initiative. « Nous allons expliquer à nos frères et sœurs ce que nous avons vu à Bangui et les encourager à adhérer à ce projet qui représente une véritable chance pour notre avenir. »
Une identité à reconstruire, à travers ce projet, MONDALI entend démontrer que la protection du patrimoine culturel n'est pas incompatible avec le développement social. Bien au contraire, la culture peut devenir un puissant moteur d'inclusion, de cohésion nationale et de développement durable. Dans un pays riche de sa diversité culturelle mais confronté à de multiples défis, la sauvegarde des traditions des peuples AKA apparaît comme un enjeu majeur, non seulement pour ces communautés elles-mêmes, mais aussi pour l'ensemble de la République centrafricaine.
Car préserver la mémoire d'un peuple, c'est aussi préserver une partie de l'histoire de toute une nation. Et c'est précisément cette conviction que MONDALI entend transformer en actions concrètes sur le terrain.
Reportage de
Selda Junior BOUTÉ