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Excellence Monsieur le Président de la République,
Je voudrais revenir sur la question relative à la construction d’une Maison de la Presse pour les journalistes centrafricains. En réponse au plaidoyer du Président de l’Union des Journalistes de Centrafrique (UJCA) lors du déjeuner de presse au palais de la Renaissance, le vendredi 8 mai dernier, vous aviez déclaré qu’il ne revenait pas au gouvernement de construire cette infrastructure, mais plutôt aux journalistes de rechercher des partenaires capables de financer ce projet. Nous en avons pris acte. Nous avions des préoccupations à exprimer et des questions à poser ce jour-là, mais le programme avait été tellement verrouillé et taillé sur mesure qu’aucun espace d’intervention ne nous a été accordé.
En effet, je suis Selda Junior BOUTÉ, Directeur de Publication du journal Le Gardien-Médias, et je fais partie des journalistes qui collaborent régulièrement avec la MINUSCA à travers plusieurs activités organisées aussi bien à Bangui qu’à l’intérieur du pays. Je participe notamment aux conférences de presse hebdomadaire de la MINUSCA chaque mercredi, des séances des ateliers et cafés de presse, ainsi qu’aux conférences du Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, de chaque lundi. Je prends également part à plusieurs activités du Haut Conseil de la Communication (HCC), dirigé par son Président, José Richard Pouambi.
Monsieur le Président, conscients que la MINUSCA constitue l'unique partenaire potentiel de la presse centrafricaine, nous avons engagé des discussions avec cette institution autour de la construction d’une Maison de la Presse digne de ce nom. La MINUSCA avait donné son accord de principe pour financer et construire cette infrastructure moderne et bien équipée, à une seule condition : que l’État centrafricain mette à disposition un terrain légalement attribué au projet.
Cette proposition a été officiellement portée à l’attention du Ministre Maxime Balalou lors de ses conférences de presse hebdomadaire. Le même besoin a également été exposé au Président du HCC, José Richard Pouambi au cours d’une activité organisée à la salle 51 du stade 20 000 places à Bangui.
Ces deux autorités nous avaient alors rassurés que le dossier avait déjà été examiné en Conseil des ministres et qu’un terrain avait été retenu à Bimbo, précisément le Centre Émetteur de Bimbo, pour accueillir cette future Maison de la Presse. Cependant, lorsque cette information a été transmise à la MINUSCA, celle-ci a exigé un titre foncier avant le lancement des travaux, conformément aux procédures administratives normales.
Nous sommes donc retournés vers le Ministre de la Communication et le Président du HCC, afin d’avoir leurs avis sur cette exigence administrative. Ils nous avaient clairement assuré que le gouvernement travaillait sur le dossier afin de délivrer ce fameux titre foncier au partenaire pour le lancement effectif de ce joyau. Malheureusement, près de deux ans plus tard, rien n’a été fait. Aucun titre foncier n’a été délivré, empêchant ainsi la MINUSCA de lancer les travaux de construction de cette Maison de la Presse tant attendue par les journalistes centrafricains.
Aujourd’hui, après les décisions budgétaires prises par l’administration de Donald Trump aux États-Unis, ayant entraîné une réduction du budget de certaines opérations onusiennes en Centrafrique, la MINUSCA affirme désormais ne plus disposer des moyens nécessaires pour financer ce projet. Selon les déclarations récentes de sa porte-parole, Florence Marchal : « la construction de la Maison de la Presse n’est plus à l’ordre du jour ».
Autrement dit, la presse centrafricaine continuera encore longtemps à exercer dans des conditions précaires, sans véritable cadre professionnel adapté. Dès lors, une question mérite d’être posée : le gouvernement n’a-t-il pas, par son manque de volonté administrative, contribué à bloquer délibérément ce projet ?
Monsieur le Président de la République, il est important que vous sachiez une chose : malgré les efforts personnels que vous déployez pour maintenir le dialogue avec les professionnels des médias, beaucoup de journalistes ont le sentiment que votre gouvernement ne partage pas votre vision politique, et soutient pas réellement la presse centrafricaine.
C’est pourquoi nous vous demandons très respectueusement de remettre ce dossier sur la table dans les plus brefs délais, notamment la question du titre foncier du terrain attribué à la presse. Cela permettra à l’UJCA de relancer les démarches nécessaires, cherchant les partenaires afin d’offrir enfin aux journalistes centrafricains une Maison de la Presse digne de ce nom. La presse centrafricaine mérite mieux que la rue : c’est l’image de la Nation qui est en jeu Monsieur le Président de la République.
Selda Junior BOUTÉ,
Directeur de la Publication du journal
Le Gardien-Médias