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À l’occasion de la Journée Mondiale de la Santé, la République Centrafricaine a livré un discours à forte portée politique et sanitaire. Dans une allocution dense et structurée, le président Faustin Archange Touadéra a dressé un état des lieux du système de santé national tout en appelant à une mobilisation générale contre les grandes menaces sanitaires contemporaines, notamment la résistance aux antimicrobiens.
La science érigée en boussole de la politique sanitaire, Au cœur du message présidentiel, un fil conducteur s’impose : la science comme socle de la gouvernance sanitaire. S’inscrivant dans le thème défini par l’Organisation Mondiale de la Santé, le chef de l’État insiste sur la nécessité de fonder les politiques publiques sur les preuves scientifiques et la coopération internationale. La citation de Louis Pasteur, mobilisée dans le discours, vient renforcer cette orientation : la science est présentée comme un patrimoine universel, au-delà des frontières et des rivalités géopolitiques.
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Un bilan sanitaire mis en avant, le président a également dressé un tableau des avancées enregistrées dans le secteur de la santé. Parmi les principaux acquis figurent la modernisation des infrastructures hospitalières, le renforcement du personnel médical, la gratuité ciblée des soins pour les populations vulnérables ainsi que l’amélioration progressive de la gestion des médicaments essentiels. Ces éléments sont présentés comme les preuves d’une dynamique de transformation en cours, visant à rendre le système de santé plus accessible et plus performant.
Point central de l’intervention : la résistance aux antimicrobiens, qualifiée de « pandémie silencieuse ». Le président alerte sur un phénomène mondial aux conséquences déjà dramatiques, particulièrement en Afrique et en République Centrafricaine. Le discours met en cause plusieurs facteurs aggravants : automédication, prescriptions inadaptées, circuits informels de distribution de médicaments et prolifération de produits falsifiés. Cette analyse permet de lier un problème sanitaire mondial à des réalités locales bien identifiées.
Tolérance zéro contre les médicaments falsifiés, dans un ton plus ferme, le chef de l’État annonce un durcissement de la réponse gouvernementale. La lutte contre les médicaments de qualité inférieure et les pratiques pharmaceutiques illégales est érigée en priorité nationale. La mise en place d’un comité interministériel dédié traduit cette volonté de reprise en main du secteur. Le message est sans ambiguïté : l’État entend renforcer le contrôle, encadrer les pratiques et sanctionner les dérives.
Une gouvernance tournée vers la recherche et la coordination, au-delà de la répression, le discours met également en avant une ambition institutionnelle : structurer la recherche scientifique en santé. La création d’un comité d’experts multisectoriels est annoncée afin de mieux coordonner les politiques publiques avec les institutions académiques. Cette orientation confirme une volonté de rapprocher décision politique et expertise scientifique.
Enfin, l’allocution se veut mobilisatrice. Le président appelle les populations, les professionnels de santé, les partenaires et la jeunesse à adopter des comportements responsables et à s’engager dans la prévention. La santé est ainsi présentée comme une responsabilité collective, dépassant le seul cadre institutionnel.
À travers ce discours, Faustin Archange Touadéra cherche à inscrire la politique sanitaire nationale dans une logique de rigueur, de science et de souveraineté. Entre bilan, mise en garde et appel à l’action, l’allocution trace les contours d’une stratégie qui fait de la santé un enjeu central de développement et de stabilité pour la République Centrafricaine.
Selda Junior BOUTÉ