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Pendant deux jours, les échanges se sont voulus francs, directs et parfois sans détour. À Bangui, la Division des droits de l’homme de la MINUSCA, en partenariat avec six consortiums d’organisations de la société civile, a réuni autour d’une même table les représentants du gouvernement, les acteurs de la société civile et les institutions nationales des droits de l’homme. L’objectif ? Faire le point sur les avancées, mais surtout mettre en lumière les attentes, les préoccupations et les revendications de ceux qui œuvrent chaque jour pour la défense des droits fondamentaux.
Organisée du jeudi 25 au vendredi 26 juin dans la salle de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), cette rencontre a été présidée par le magistrat Julius Rufin Ngouade Baba, chargé de mission en matière des droits humains et représentant personnel du ministre d’État chargé de la Justice. À ses côtés figurait Madame Hanane Talbi, directrice de la Division des droits de l’homme de la MINUSCA et représentante du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme en République centrafricaine.
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Mais au-delà des discours protocolaires, c’est le message lancé par le représentant du gouvernement qui a retenu l’attention. « L’État centrafricain s’est doté d’une Politique nationale des droits de l’homme », a-t-il rappelé, soulignant que ce document constitue aujourd’hui la feuille de route des institutions publiques dans la promotion et la protection des droits fondamentaux.
Cependant, une stratégie, aussi ambitieuse soit-elle, peut-elle produire des résultats sans une collaboration étroite avec la société civile ? Pour Julius Rufin Ngouade Baba, la réponse est claire : les organisations de la société civile sont des partenaires incontournables. Elles sont au plus près des populations, observent les réalités du terrain et jouent un rôle essentiel dans la défense des droits humains. C’est justement pour entendre leurs préoccupations que ce dialogue a été organisé. Qu’attendent-elles réellement de l’État ? Quels obstacles rencontrent-elles dans leur travail ? Quelles réponses espèrent-elles des autorités ? Autant de questions qui vont alimenter les discussions durant ces deux journées d’échanges.
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Le représentant du ministre de la Justice a reconnu que l’État demeure le premier garant du respect des droits de l’homme. Il a également salué l’accompagnement de la MINUSCA, dont le soutien a permis de créer cet espace de dialogue entre les différents acteurs. « Nous allons écouter ce qu’ils ont à dire », a-t-il assuré, insistant sur l’importance des plaidoyers qui seront formulés par les organisations de la société civile. Car derrière chaque recommandation se cache une réalité vécue, derrière chaque plaidoyer une préoccupation, et derrière chaque échange l’espoir d’une amélioration concrète des conditions de vie des citoyens.
Madame Hanane Talbi, directrice de la Division des droits de l’homme de la MINUSCA et représentante du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme en République centrafricaine, quant à elle, a déclaré ce qui suit à la presse : « La MINUSCA a choisi de faciliter cette initiative. Il ne s'agit pas d'une formation comme celles que nous avons l'habitude d'organiser. En réalité, nous avons décidé d'appuyer un dialogue entre la société civile, les institutions et le gouvernement.
Ensemble, ils discuteront des plaidoyers élaborés par différents groupes de la société civile autour de thématiques qu'ils ont eux-mêmes identifiées comme prioritaires. L'objectif est de favoriser des échanges les plus productifs possible sur des questions essentielles à la promotion et à la protection des droits de l'homme. Cet événement s'inscrit dans un contexte plus large : celui de l'appui que nous apportons à la politique nationale des droits de l'homme.
Cet appui est important, car il permet une appropriation nationale des enjeux liés à la promotion et à la protection des droits de l'homme. Il contribue également à inscrire durablement cette question au cœur des priorités nationales. La suite consistera donc à poursuivre les efforts que nous déployons pour accompagner la mise en œuvre de la politique nationale des droits de l'homme », a-t-elle ajouté.
À l’issue de cette rencontre, une attente demeure : les propositions formulées se traduiront-elles en actions concrètes sur le terrain ? La réponse à cette question sera sans doute le véritable indicateur du succès de ce dialogue.
Reportage de
Selda Junior BOUTÉ