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Quotidien indépendant d'information générale, d'analyse, d'enquête et de lutte contre la désinformation en Centrafrique

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RCA : GUERRE DE LEADERSHIP À L’UMC : QUAND LA DIVISION ÉTOUFFE LA VOIX DES ARTISTES CENTRAFRICAINS, GUERE-MBENZI ET TOUABOYE SE DISPUTENT LA BAGUETTE 

La scène artistique centrafricaine est actuellement secouée par une crise de légitimité. Deux camps se disputent la présidence de l’Union des Musiciens Centrafricains (UMC) : d’un côté Armand Touaboye, élu lors d’une assemblée générale tenue le 30 août 2025 ; de l’autre, Saint-Juste Guéré-Mbenzi, figure historique du milieu, qui conteste la régularité du scrutin et élu à l’issue d’une assemblée élective le 31 octobre 2025, se considère comme président légitime. Le duel entre Armand Touaboye et Saint-Juste Guéré-Mbenzi plonge l’UMC dans une confusion institutionnelle sans précédent. Derrière cette rivalité, c’est toute la gouvernance du secteur culturel centrafricain qui se trouve remise en question. 

 

L’élection d’Armand Touaboye à la tête de l’Union des Musiciens Centrafricains, présentée par ses partisans comme un renouveau pour la corporation, devait marquer un nouveau départ pour cette organisation. Mais au lieu de ramener la cohésion, elle a réveillé de vieilles fractures.n’a pas fait l’unanimité. Peu après le scrutin, le ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme a officiellement rejeté l’assemblée élective, arguant de plusieurs irrégularités dans la convocation et la procédure. Cette décision a provoqué une scission immédiate : le camp d’Armand Touaboye revendique une élection légitime, tandis que celui de Saint-Juste Guéré-Mbenzi affirme que la procédure est nulle et que le bureau sortant reste en place. 

 

La querelle entre Touaboye et Guere-Mbenzi dépasse le simple affrontement personnel. Elle révèle le déficit de gouvernance et l’absence de transparence au sein des structures artistiques du pays. Cette crise illustre l’incapacité de l’UMC à s’adapter aux exigences d’une gestion moderne et participative. Une rivalité qui traduit une crise plus profonde, la division qui oppose les deux camps dépasse la simple querelle de leadership. Elle met en lumière la faiblesse structurelle des organisations culturelles en Centrafrique : absence de mécanismes clairs de gouvernance, gestion opaque des fonds, et surtout manque de confiance entre les artistes eux-mêmes. Ce climat de suspicion permanente freine la mise en œuvre de politiques culturelles cohérentes, pourtant essentielles à la valorisation du patrimoine musical national. 

 

Le ministère face à ses responsabilités, en se positionnant contre l’élection d’Armand Touaboye, le ministère se retrouve lui aussi dans une position délicate. S’il se veut garant de la légalité, il est également accusé d’ingérence dans les affaires internes de l’union. Cette situation illustre un problème plus vaste. Le rapport ambigu entre les institutions culturelles et le pouvoir politique dans un secteur souvent perçu comme marginal, mais porteur d’un fort potentiel d’influence sociale. 

 

Pour l’heure, aucun dialogue formel n’a permis d’unifier les deux camps. Les artistes, eux, se disent fatigués d’un conflit qui ternit l’image de leur corporation et paralyse leurs activités. Sans une médiation sérieuse ni un arbitrage institutionnel fort, l’UMC risque de demeurer une maison divisée, incapable de parler d’une seule voix au nom de la culture centrafricaine. 

 

Cette crise n’est pas qu’une bataille d’ego, elle symbolise le désarroi d’un secteur en quête de reconnaissance et de stabilité. La question qui se pose désormais est claire : qui aura la légitimité de représenter les artistes centrafricains ? Dossier à suivre …  

 

Selda Junior BOUTÉ

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