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Le verdict est tombé ce mardi 4 novembre 2025 en fin de journée dans la salle d’audience de la Cour criminelle de Bangui. Après plusieurs heures d'audition, de plaidoiries et de délibérations, belgo-portugais Joseph Martin Figueira a été reconnu coupable de certains faits qui lui sont reprochés, et condamné à dix (10) ans de prison, et une amende de 50 millions FCFA à verser à l’Etat centrafricain.
En effet, le belgo-portugais Joseph Martin Figueira a été accusé d'avoir entretenu des contacts avec plusieurs chefs de groupes armés et de leur avoir fourni des informations stratégiques sur les positions des forces armées centrafricaines. Il est également soupçonné d'avoir transféré de grosses sommes d'argent et des armes et munitions de guerre à ces groupes armés, ce qui a conduit à son arrestation en 2023.
La salle bondée, était composée de proches de l’accusé, de représentants de la société civile, ainsi que de simples curieux venus assister à cette affaire qui a suscité de nombreux commentaires après l’arrestation de ce dernier. Dès l’ouverture de l’audience, Thierry Joachim Pissere, Président de la Cour a rappelé les faits reprochés à Figueira, avant de donner la parole au ministère public et au Conseil de l’accusé, Me Nicolas Tiangaye.
Des débats intenses et contradictoires, le procureur a soutenu que les preuves présentées au dossier étaient « suffisamment accablantes » pour établir la responsabilité pénale de l’accusé. Dans son réquisitoire ferme, il a demandé une condamnation exemplaire, estimant que « la justice doit être rendue au nom du peuple centrafricain ».
De son côté, la défense de l’accusé Maitre Nicolas Tiangaye, a plaidé l’absence d’éléments matériels et a demandé l’acquittement pur et simple de son client. L’avocat de Figueira, visiblement remonté, a dénoncé « des accusations montées de toutes pièces » et a affirmé que son client n’avait fait que « coopérer en toute bonne foi » durant la procédure.
Vers 16 heures, la Cour s’est retirée pour délibérer. L’ambiance était lourde. Les proches de l’accusé ainsi que les curieux attendaient, silencieux et anxieux, tandis que les parties civiles espéraient une décision à la hauteur des faits. Environ une heure plus tard, le Président de la Cour, Thierry Joachim Pissere est revenu en salle, dossier à la main. La lecture du verdict par le Président de la Cour a plongé la salle dans un silence total :
« La Cour avec le concours de jury, statuons publiquement contradictoirement à l'égard de la partie civile du ministère public et de l'accusé Martin-Joseph Figueira en matière criminelle et en dernier ressort avec le concours des jurés et à la majorité des voix. Sur la culpabilité, acquitte l'accusé Figueira Martin-Joseph des crimes de complot, d'espionnage, d'incitation à la haine et de révolte contre les institutions de la République et des délits de faux usages de faux et actes de nature à compromettre la sécurité publique pour infractions non constituées.
Par contre, le déclaré coupable des crimes de complicité, d'association des malfaiteurs et d'atteinte à la sécurité intérieure de l'État en application des dispositions des articles 11, 12, 285, 411 et 412 du Code pénal, en répression lui accorde des circonstances atténuantes conformément aux dispositions de l'article 50 du Code pénal.
En conséquence, le condamne à 10 ans de travaux forcés, sur les intérêts civils reçoit l'État centrafricain à sa constitution de partie civile dit déclaré fonder. Le condamne l'accusé Féguera Martin-Joseph à servir à l'État centrafricain la somme de 50 millions à titre de dommages intérêts. Le condamne aux entiers dépens, avise toutes les parties qu'elles ont trois jours à compter du prononcé du verdict pour se pourvoir en cassation si la décision ne les satisfait pas », a-t-il conclu.
Les représentants des parties civiles ont accueilli la décision avec soulagement, tandis que l’accusé, impassible, écoutait le prononcé de sa peine. Une affaire qui marque l’opinion, cette condamnation vient clore un procès très attendu par l’opinion, perçu par certains comme un signal fort dans la lutte contre l’impunité et le renforcement de l’État de droit en RCA. En attendant, Joseph Martin Figueira devra désormais purger sa peine, sauf décision contraire des juridictions supérieures.
J. Wambangui-Zigö