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Quotidien indépendant d'information générale, d'analyse, d'enquête et de lutte contre la désinformation en Centrafrique

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CANDIDATURE DE TOUADERA CONTESTÉE : OGDC SAISIT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL, LA PLATEFORME ÉMERGENCE 2025 RIPOSTE

Une nouvelle bataille politico-juridique s’ouvre à quelques mois des élections présidentielles de 2025. L’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) vient de déposer une requête officielle auprès du Conseil Constitutionnel visant à faire invalider la candidature du président sortant, le professeur Faustin Archange Touadéra. 

 

Selon l’OGDC de Nguimalé, la candidature du Chef de l’État serait « contraire à l’esprit de la Constitution de 2016 », malgré, juridiquement la réforme constitutionnelle adoptée en 2023, permettant au président de briguer un nouveau mandat. Face à cette initiative, la plateforme politique Émergence 2025, dirigée par Ben-Wilson Ngassan, figure de la jeunesse politique et membre passé de l’opposition a immédiatement répliqué. Au cours d’un point de presse tenu, jeudi 06 novembre 2025 au stade 20.000 places à Bangui, Ben-Wilson Ngassan, Coordonnateur National de la Plateforme Emergence 2025, a dénoncé avec fermeté ce qu’il qualifie de « tentative de manipulation de l’opinion et d’obstruction à la démocratie ». 

 

OGDC attaque, dans sa requête, il demande au Conseil Constitutionnel d’examiner la conformité de la candidature du président Touadéra, arguant que la modification constitutionnelle ne devrait pas rétroagir pour permettre une nouvelle candidature. Nguimalé de l’OGDC soutient que l'esprit de la Constitution doit primer sur la lettre du texte, évoquant le risque d’un « verrouillage institutionnel ». 

 

Émergence 2025, quant à elle contre-attaque : Face à cette offensive juridique, Ben-Wilson Ngassan et sa plateforme, avec à ses côtés, Fealem Boykott Aristarque Retinol, doctorant en droit et Emmanuella Salomé Ngoko Yassi, Master 2 en droit, ont présenté une contre-argumentation structurée, présentée aux professionnels des médias. « La démocratie se vit dans les urnes, pas dans les bureaux de lobbying juridique », a martelé Ngassan devant la presse. Émergence 2025 affirme que la révision constitutionnelle est claire : elle réinitialise le compteur des mandats, autorisant le président Touadéra à se représenter aux élections pour un premier mandat dans la 7ème République. Pour la plateforme, le recours de l’OGDC est « infondé, purement politique et irrecevable ». 

 

Ben-Wilson Ngassan, de la plateforme Emergence 2025 : a déclaré ce qui suit à la presse : « Comme vous le savez, depuis la semaine dernière, nous avons mis en place ensemble avec nos amis étudiants de l'université de Bangui, une nouvelle plateforme politique dénommée Émergence 2025. Et cette plateforme a décidé souverainement d'apporter tout son soutien à la candidature du professeur Faustin Archange Touadéra pour les élections de décembre 2025. Alors, il se trouve qu'au moment où le Conseil Constitutionnel a ouvert la possibilité pour les recours en termes de contentieux, une organisation de la société civile dénommée OGDC a introduit auprès du même Conseil une requête aux fins d'annulation de la candidature du professeur Faustin Archange Touadéra, que nous soutenons. 

 

Dans son argumentaire, il s'est basé sur trois principales accusations : La première accusation, il dit que la constitution du 30 mars 2016 interdit au Président de la République de briguer un troisième mandat et qu'il ne peut pas rester en fonction. C'est la première argumentation qu'il a pu avancer. La deuxième argumentation, il parle d'une prétendue complicité entre le président de la République et les groupes armés. Troisième accusation, il remet en cause l'origine centrafricaine du président de la République Faustin Archange Touadéra. Notre candidat ayant ainsi été attaqué du point de vue juridique, il est de notre devoir, en tant que son soutien, de pouvoir amener une contre-argumentation. Et c'est bien pour cela que nous avons invité la presse aujourd'hui ici.  

 

Alors, entre-temps, il y a de cela 24 heures, nous sommes réunis avec les juristes qui sont au sein de notre plateforme pour préparer nos éléments de langage juridique afin de contre-attaquer cette requête. Il en ressort que sa requête sera tout simplement, purement et simplement invalidée par le Conseil Constitutionnel du fait que dans sa requête, il fait référence à la constitution de 2016. Or, nous sommes en 2025 et une nouvelle Constitution a été adoptée le 30 Août 2023. Nous sommes en 2025, et ça fait deux ans déjà que la Constitution du 30 Mars 2016 a été mise dans la poubelle de l’histoire. Donc, il y a ce qu'on appelle l'incompatibilité juridique dans l'argumentation qu'il a pu avancer dans sa requête. 

 

Et la deuxième chose, il parle de complicité entre les groupes armés et le président Touadéra. Vous le savez, monsieur le journaliste, est-ce que le président Touadéra s'est un jour réclamé responsable d'un groupe armé dans ce pays ? Un jour, monsieur Touadéra a-t-il acheté des armes pour tuer les centrafricains ? Nous pensons que cette accusation est totalement infondée. Et pour finir, il dit que les parents du président Touadéra ne sont pas centrafricains. Or, en droit, il y a un principe général qui dit qu'il incombe à l'accusateur d'apporter les preuves de son accusation. Et quand vous lisez la requête de monsieur Nguémalé du début à la fin, il n'a apporté aucune preuve en ce qui concerne l'origine, la non-originalité centrafricaine du Président Touadéra. De ce fait, nous demandons tout simplement, le Conseil Constitutionnel, à constater les carences contenues dans la requête de monsieur Nguémalé et à déclarer cela irrecevable. 

 

Ce point de presse ne vise pas à influencer le Conseil Constitutionnel. Vous avez remarqué qu'il n'y a pas de juge constitutionnel ici dans la salle. Il n'y a que vous les journalistes. Nous savons que quand vous informez, c'est pour informer le grand public. Notre conférence de presse vise uniquement à éclairer la lanterne de l'opinion aussi bien nationale qu'internationale. Parce que le fait de dire que le président de la République est complice des groupes armés, c'est quand-même une accusation extrêmement grave qui peut porter la confusion au sein de l'opinion publique. Et ça peut pousser aussi les centrafricains à douter de leur président, à douter de l'autorité légitime qu'ils ont pourtant établie depuis 2016. 

 

Que ça soit clair pour tout le monde, nous n’influençons pas le conseil constitutionnel. Nous voulons juste apporter seulement des éléments d'information à l'attention du grand public. Il n'y aura pas de prochaine étape. Nous savons que la presse était là. La presse va relayer la position qui est la nôtre, et nous allons tous attendre la décision que le Conseil Constitutionnel voudra bien rendre lors de son verdict », a-t-il conclu. 

 

Il est à noter que la décision finale appartiendra désormais au Conseil constitutionnel, qui devrait rendre son avis dans les prochains jours. 

 

J. Wambangui-Zigö

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