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Quotidien indépendant d'information générale, d'analyse, d'enquête et de lutte contre la désinformation en Centrafrique

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RCA : AM-DAFOCK SOUS LE FEU DES ATTAQUES : LES RESSORTISSANTS DE FERTIT TIRENT LA SONNETTE D'ALARME ET APPELLENT À UNE MOBILISATION NATIONALE  

 

Les cadres et ressortissants de la région de Fertit ont animé, vendredi le 03 juillet 2026, une conférence de presse à l'hôtel Azimut à Bangui afin de dénoncer la récente attaque contre la ville d'Am-dafock, dans la préfecture de la Vakaga. Face aux médias, ils ont exprimé leur vive inquiétude devant la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans cette localité frontalière, tout en appelant les autorités nationales et les partenaires internationaux à agir sans délai. 

 

La rencontre a réuni plusieurs personnalités originaires de la région, notamment Leurs Excellences Kalite Deya, Gontran Djono Ahaba et Gilbert Toumou Deya. Après les mots introductifs du ministre Gontran Djono Ahaba, Kalite Deya a donné lecture de la déclaration liminaire au nom des cadres ressortissants de Fertit.

 

Dans cette déclaration, les intervenants ont rendu hommage aux éléments des Forces de défense et de sécurité tombés lors des affrontements, tout en présentant leurs condoléances aux familles endeuillées ainsi qu'aux proches des victimes civiles. Ils ont également souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

 

Les signataires de la déclaration condamnent avec fermeté l'attaque du 30 juin 2026, qu'ils attribuent aux groupes armés FPRC et MDRCJ, appuyés, selon eux, par des mercenaires étrangers, notamment des éléments identifiés comme des « Janjawid ». Ils estiment que cette offensive constitue une grave menace contre la souveraineté de la République centrafricaine et l'intégrité de son territoire.

 

Selon les cadres de Fertit, les conséquences humanitaires sont particulièrement préoccupantes. Des milliers de civils auraient été contraints de fuir leurs habitations pour trouver refuge dans des zones plus sûres, tandis que le site de la MI

NUSCA accueille de nombreux déplacés dans des conditions jugées très difficiles. Ils soulignent également l'arrêt des activités économiques, scolaires et sanitaires ainsi que des actes de violences ayant visé des civils et leurs biens. 

 

Les conférenciers affirment disposer de vidéos qui, selon eux, démontrent l'implication d'acteurs étrangers dans les violences et dénoncent des atteintes graves aux droits humains. Ils alertent sur le risque de voir Am-dafock se vider progressivement de sa population si des mesures urgentes ne sont pas prises.

 

Pour faire face à cette situation, les cadres ressortissants de Fertit ont formulé huit recommandations. Ils demandent notamment un renforcement immédiat du dispositif sécuritaire, l'augmentation des effectifs militaires à la frontière avec le Soudan, la transformation d'Am-dafock en garnison militaire, l'ouverture d'enquêtes indépendantes pour identifier les auteurs des violences, le déploiement d'une aide humanitaire d'urgence, une implication accrue des partenaires internationaux ainsi que des organisations régionales, sans oublier un appel à la solidarité nationale en faveur des déplacés. 

 

Dans leur appel à la mobilisation, les intervenants ont estimé que « le silence tue autant que les balles » et ont exhorté les autorités ainsi que l'ensemble des Centrafricains à se mobiliser pour préserver l'unité nationale, la paix et l'intégrité territoriale du pays. Ils ont annoncé le lancement prochain d'une cagnotte de solidarité destinée à soutenir les populations déplacées, en particulier les femmes et les enfants. 

 

A la sortie de la salle, le Ministre Gontran Djono Ahaba a répondu aux questions des journalistes en ces termes : « Cette conférence de presse est organisée à la suite de l'attaque perpétrée contre la ville d'Am-dafock. En tant que ressortissants de la région du Fertit, regroupant les préfectures de la Vakaga, de la Haute-Kotto et de la Bamingui-Bangoran, nous estimons qu'il est de notre devoir de nous mobiliser pour condamner solennellement cette agression. 

 

Nous lançons également un appel à tous nos compatriotes de cette région afin qu'ils se mobilisent derrière le Président de la République, Chef de l'État, le Professeur Faustin Archange Touadéra, derrière les institutions de la République et en soutien aux Forces de défense et de sécurité engagées sur le terrain. 

 

Nous sommes convaincus que la situation va s'améliorer. Nous faisons confiance à notre armée, aux Forces de défense et de sécurité, ainsi qu'à leurs alliés. L'état-major maîtrise la situation. Le déploiement des forces se poursuit et, à l'heure actuelle, le calme est revenu à Am-dafock. Des renforts continuent d'être acheminés depuis Birao et des projections sont régulièrement effectuées vers Am-dafock. 

 

Concernant le nombre de personnes ayant trouvé refuge sur le site de la MINUSCA, il convient de préciser que le ministre conseiller Kalite Deya a précisé tout à l’heure qu’il y a d'environ 2.000 à 3.000 personnes. Cette situation est bien réelle, car les populations recherchent avant tout une protection. À Am-dafock, le site de la MINUSCA constitue aujourd'hui le principal lieu où elles peuvent se sentir en sécurité. 

 

Parmi nos principales revendications figure le renforcement de la présence des Forces de défense et de sécurité dans cette localité. Il faut rappeler qu'Am-dafock est une ville frontalière située à la frontière avec le Soudan. Les assaillants ont traversé cette frontière pour mener leur attaque. Dans ces conditions, il est tout à fait normal que l'état-major renforce les effectifs déjà déployés sur place, avec l'appui de nos alliés, afin de garantir durablement la sécurité de la population et l'intégrité du territoire national », a-t-il insisté. 

 

Les cadres de Fertit ont enfin réaffirmé leur soutien aux Forces de défense et de sécurité, aux forces alliées russes, à la MINUSCA et à toutes les initiatives visant à protéger les populations civiles et à rétablir durablement la paix dans la préfecture de la Vakaga. 

 

Reportage de

Selda Junior BOUTÉ

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