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Le Révérend Pasteur Maurice Wembi, récemment nommé Surintendant et Représentant légal délégué de l’Évêque de Église Méthodiste Unie, a tenu une conférence de presse le 21 juin 2026 à Bangui pour clarifier la situation de crise que traverse l’Église. Face aux rumeurs et à l’apparition d’un groupe se présentant comme « Église Méthodiste Centrafrique autonome », il a affirmé que l’EMU n’est pas divisée malgré les tensions internes. Il a appelé les fidèles à l’unité, au dialogue et à la compréhension mutuelle.
Une décision administrative prise au sommet de la hiérarchie ecclésiastique est aujourd’hui au cœur d’une vive controverse qui secoue l’Église Méthodiste Unie (EMU) en République centrafricaine. Derrière ce qui pourrait apparaître comme un simple changement de responsable se dessine une crise profonde mêlant accusations de mauvaise gouvernance, contestation de l’autorité ecclésiastique, tensions internes et bataille pour le contrôle des structures de l’Église.
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Selon un communiqué du Conseil de l’Église Méthodiste Unie de la Région épiscopale Congo-Est et République centrafricaine, tout commence le 8 juin 2026. Ce jour-là, Monseigneur Kaleme Tambwe Antoine, Évêque résident et représentant des Églises Méthodistes Unies du Congo-Est et de la République centrafricaine, signe la décision n°09/ECC/81e CMUCE/RL/2026 portant nomination du Révérend Maurice Wembi comme nouveau Surintendant et Représentant légal délégué de l’Évêque en République centrafricaine. Cette nomination met fin aux fonctions exercées pendant plusieurs années par le Révérend Aquilas Soronko. Mais loin d’ouvrir une simple transition administrative, cette décision va rapidement révéler des fractures internes d’une ampleur inattendue.
D’après les responsables de l’Église, le remplacement du Révérend Aquilas Soronko résulte d’une série de préoccupations soulevées par les instances dirigeantes. Parmi les griefs évoqués figurent des allégations de mauvaise gestion des ressources financières de l’Église, des interrogations sur l’utilisation des fonds destinés à la construction de l’hôpital de Kpalongo, ainsi que des préoccupations relatives à la gestion du patrimoine de la communauté.
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Le Conseil évoque également un non-respect présumé de certaines décisions de la hiérarchie ecclésiastique ainsi que des comportements jugés incompatibles avec les responsabilités attachées à la fonction de Surintendant. Des accusations qui, si elles étaient établies, pourraient avoir de lourdes conséquences sur l’avenir de l’institution. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Selon le Conseil, la décision de remplacement, notifiée avec effet immédiat, n’aurait pas été acceptée par le responsable concerné. Cette situation aurait provoqué plusieurs blocages administratifs et perturbé le fonctionnement normal de certaines activités de l’Église.
Les tensions se seraient davantage accentuées lorsque le Révérend Aquilas Soronko aurait contesté la nomination de son successeur. Le Conseil affirme notamment que des propos remettant en cause la légitimité du Révérend Maurice Wembi en raison de sa nationalité auraient été tenus. Une accusation particulièrement sensible dans un contexte où l’Église cherche à préserver son unité et sa cohésion.
Autre point de friction : la transmission des biens, des actifs et des dossiers administratifs de l’Église. Selon les nouvelles autorités ecclésiastiques, cette passation n’aurait toujours pas été effectuée, compliquant davantage la prise de fonctions du nouveau responsable. Le dossier prend une dimension encore plus préoccupante avec des allégations portant sur des mouvements financiers réalisés au moment même où la crise éclatait. Le Conseil indique qu’un retrait bancaire de 22 millions de FCFA aurait été effectué le 8 juin 2026 sur le compte de l’Église, suivi d’une seconde opération de 500.000 FCFA le lendemain. Au total, ce sont 22,5 millions de FCFA qui auraient été retirés sans autorisation préalable des nouvelles autorités compétentes, selon les informations communiquées par le Conseil. Des faits qui alimentent aujourd’hui les interrogations au sein de la communauté méthodiste.
Face à ce qu’il qualifie de situation préoccupante, le Conseil de l’Église Méthodiste Unie de la Région épiscopale Congo-Est et République centrafricaine affirme avoir saisi, dès le 10 juin 2026, le ministère en charge de l’Administration du territoire afin de l’informer de l’évolution du dossier. L’objectif affiché était d’obtenir l’accompagnement des autorités pour garantir la sécurité du Révérend Maurice Wembi et de sa famille, tout en facilitant la récupération des biens et documents administratifs relevant de l’Église.
Comme si la crise ne se limitait plus aux seules structures internes de la communauté, elle s’est également invitée sur les réseaux sociaux. Le Conseil affirme qu’une vidéo diffusée le 18 juin 2026 par une page dénommée « LDD » a relayé des propos attribués à un individu se présentant comme fidèle de l’Église. Selon les responsables ecclésiastiques, le contenu de cette vidéo comporterait des messages haineux et des propos discriminatoires dirigés contre la nouvelle équipe dirigeante.
Dans ce climat de tension, les autorités de l’Église appellent à la retenue et à la responsabilité. Elles exhortent les professionnels des médias à traiter cette affaire avec impartialité, rigueur et professionnalisme, tout en veillant au respect de la présomption d’innocence et de la dignité des personnes citées.
Malgré les turbulences, l’Église Méthodiste Unie de la Région épiscopale Congo-Est et République centrafricaine se veut rassurante. Elle affirme que ses activités spirituelles, sociales et humanitaires se poursuivent normalement sous la conduite des nouvelles instances mises en place par les autorités ecclésiastiques compétentes.
Reste désormais à savoir si cette crise trouvera rapidement une issue consensuelle ou si elle marquera durablement l’histoire récente de l’Église Méthodiste Unie en République centrafricaine. Une chose est certaine : les prochains jours seront déterminants pour l’avenir de cette communauté religieuse confrontée à l’un des épisodes les plus délicats de son existence.
Maurice Wembi a, par ailleurs, rassuré les membres de l’Église sur la continuité des activités, des projets et des partenariats déjà engagés, soulignant que les orientations stratégiques de l’institution resteront inchangées. À travers cette prise de parole, il a lancé un message de rassemblement, estimant que l’heure n’est pas à la division mais à la préservation de l’unité et de la mission spirituelle de l’Église.
Reportage de
Selda Junior BOUTÉ