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Quotidien indépendant d'information générale, d'analyse, d'enquête et de lutte contre la désinformation en Centrafrique

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RCA : MARS, LE MOIS DES BLESSURES ET DES TOURNANTS HISTORIQUES : QUATRE DATES CLÉS QUI ONT FAÇONNÉ LE DESTIN POLITIQUE ET INSTITUTIONNEL DE LA RCA

 

Dans l’histoire de la République centrafricaine, le mois de mars s’impose comme l’un des plus chargés en drames, en ruptures politiques et en bouleversements majeurs. Plusieurs dates clés les 15, 24, 29 et 30 mars demeurent gravées dans la mémoire collective nationale. De la disparition tragique du Père fondateur Barthélemy Boganda en 1959, aux coups d’État sanglants, jusqu’à l’investiture du Président Faustin Archange Touadéra en 2016, le mois de mars incarne à la fois la douleur, le chaos, mais aussi l’espérance.

 

29 MARS 1959 : LA DISPARITION DU PÈRE FONDATEUR 

 

Le 29 mars de chaque année, la République centrafricaine observe une journée de deuil national en mémoire du Président Fondateur Barthélemy Boganda, décédé tragiquement en 1959 dans un « accident d’avion » alors qu’il regagnait Bangui depuis Berbérati, à l’issue d’une mission de travail. Né le 4 avril 1910, Boganda est l’architecte de l’émancipation de l’Oubangui-Chari, devenu République centrafricaine. Visionnaire, humaniste et infatigable défenseur de la dignité africaine, il a porté le combat pour l’autonomie puis l’indépendance du pays, acquise en 1960, un an après sa disparition.

 

Érigé en Père fondateur de la Nation, il fut Premier Président de la République de 1958 à 1959. Sa mort brutale, aux côtés de huit autres personnalités du pays dont Prosper-Edgar Kangala et Albert Fagnama, dans la forêt de la Lobaye, demeure l’un des plus grands traumatismes de l’histoire nationale.

 

15 MARS 2003 : LE COUP D’ÉTAT DE FRANÇOIS BOZIZÉ 

 

Le 15 mars 2003, Bangui bascule dans la violence. L’ancien chef d’Etat-major des Forces armées centrafricaines (FACA), François Bozizé, renverse le régime du Président Ange-Félix Patassé. La capitale est attaquée en pleine journée. Une armée nationale fragilisée, soutenue par les forces du Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, ne résiste pas aux assauts des rebelles de Bozizé, majoritairement composés de mercenaires tchadiens.

 

Le régime s’effondre alors que le Président Patassé se trouve à l’étranger. Les jours qui suivent sont marqués par des pillages massifs, des exécutions sommaires, des violences sexuelles et des déplacements forcés de populations, laissant derrière eux un lourd bilan humain et social. Vingt-deux ans plus tard, les victimes réclament toujours justice. 

 

24 MARS 2013 : LA CHUTE DE BOZIZÉ ET LA PRISE DE BANGUI PAR LA SÉLÉKA

 

Dix ans après le coup d’État de 2003, la RCA replonge dans le chaos. Le 24 mars 2013, la coalition rebelle Séléka renverse à son tour le Président François Bozizé. Après la rupture des négociations à Sibut le 17 mars, les rebelles lancent un offensif éclair. En quelques jours, ils franchissent la « ligne rouge » de Damara, prennent Boali, Bossembélé et atteignent Bangui. Dans la nuit du 23 au 24 mars, l’électricité est coupée dans la capitale pendant environs 48 heures. 

 

Au matin du 24 mars, le palais présidentiel tombe. Bozizé fuit vers le Cameroun. Michel Djotodia se proclame Président de la République. La prise de Bangui s’accompagne de violences, de pillages généralisés et d’affrontements meurtriers, notamment avec les forces sud-africaines. La situation plonge le pays dans l’une des crises les plus graves de son histoire récente.

 

30 MARS 2016 : LE RETOUR DE L’ESPOIR AVEC TOUADÉRA

 

Dans ce mois historiquement douloureux, le 30 mars 2016 fait figure d’exception. Ce jour-là, Faustin Archange Touadéra est investi Président de la République, redonnant espoir à une nation meurtrie. Élu démocratiquement à l’issue d’un processus électoral salué, il hérite d’un pays en ruines : groupes armés omniprésents, institutions affaiblies, populations déplacées et économie exsangue. Dans son discours d’investiture, il annonce la naissance d’une nouvelle République, fondée sur l’État de droit, la paix et la réconciliation nationale. Depuis lors, cette date est commémorée par les Centrafricains, notamment les militants du Mouvement Cœurs Unis (MCU), comme un tournant majeur dans l’histoire politique du pays.

 

En définitive, le mois de mars demeure un symbole fort de l’histoire centrafricaine : un mois de douleurs, de ruptures violentes, mais aussi de renaissance politique. Il rappelle les épreuves traversées par le peuple centrafricain et interroge l’avenir. Mars, un mois à jamais gravé dans la mémoire nationale. La question demeure : que réservera encore le mois de mars aux générations futures ?  

 

Par Selda Junior BOUTE, Journal Le Gardien-Médias

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