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Quotidien indépendant d'information générale, d'analyse, d'enquête et de lutte contre la désinformation en Centrafrique

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INTERNATIONAL : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’AICESIS : A MADRID, CLÉMENT DE-BOUTET M'BAMBA, PREMIER VICE-PRÉSIDENT DU CESE PORTE LA VOIX DE L’AFRIQUE FACE AUX DÉFIS MONDIAUX

À l’occasion de l’Assemblée générale ordinaire de l’Association internationale des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS), tenue à Madrid ce jeudi 29 octobre 2026, le Premier Vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) de la République centrafricaine, Clément De-Boutet M'bamba , a plaidé pour une transition économique et écologique plus juste, un financement climatique adapté aux besoins africains et une intégration régionale génératrice d’emplois.

 

Devant les représentants des Conseils économiques et sociaux réunis dans la capitale espagnole, le responsable centrafricain a porté un message centré sur les défis du continent, tout en appelant à une mobilisation accrue de la communauté internationale pour soutenir les efforts de développement des pays africains.

 

Au cœur de son intervention figure le paradoxe environnemental auquel fait face la République centrafricaine. Le pays abrite une partie du bassin du Congo, considéré comme l’un des principaux poumons écologiques de la planète, grâce à son rôle dans la régulation du climat et la préservation de la biodiversité. Pourtant, les financements et les transferts de technologies nécessaires à la protection de cet écosystème restent, selon lui, insuffisants au regard des efforts consentis par les États concernés.

 

Face à cette situation, Clément De-Boutet M'bamba  a appelé l’AICESIS à relayer le plaidoyer africain en faveur d’un accès effectif aux financements climatiques et aux technologies indispensables à la préservation des ressources naturelles. Il a également insisté sur les conséquences de la dégradation environnementale, notamment la progression de la désertification, l’irrégularité des précipitations et les tensions liées à la gestion de l’eau et à la transhumance.

 

Ces phénomènes, qui touchent particulièrement les populations du nord de la République centrafricaine et plusieurs pays voisins, constituent des facteurs de fragilisation de la sécurité alimentaire, de la stabilité socio-économique et de la paix régionale. Pour le premier vice-président du CESE, des réponses durables nécessitent des investissements importants, mais aussi une meilleure coordination des politiques publiques.

 

Sur le plan économique, il a mis en avant l’importance de l’intégration régionale et du développement des infrastructures de connectivité pour un pays enclavé comme la République centrafricaine. Les corridors transfrontaliers constituent, à ses yeux, un levier essentiel pour réduire les obstacles logistiques, faciliter les échanges commerciaux et renforcer les liens économiques entre les pays d’Afrique centrale.

 

Abordant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), il a souligné que cette initiative ne devait pas se limiter à la libéralisation des échanges de produits importés. Elle doit plutôt favoriser la transformation locale des matières premières, l’industrialisation, le développement de l’agro-industrie et de l’économie verte, ainsi que la création d’emplois décents et durables, particulièrement au bénéfice des femmes et des jeunes.

 

Le responsable centrafricain a également attiré l’attention sur les possibilités offertes par la transformation numérique et l’intelligence artificielle. Ces technologies peuvent contribuer à améliorer la gestion des ressources en eau, à moderniser les systèmes de santé, à renforcer l’accès à l’éducation et à soutenir le développement d’une agriculture plus performante face aux changements climatiques.

 

Il a toutefois mis en garde contre les risques d’exclusion et de disparition de certains métiers traditionnels si cette révolution technologique n’est pas accompagnée de politiques adaptées. Il a ainsi plaidé pour une intelligence artificielle éthique, inclusive et centrée sur l’humain, soutenue par une formation professionnelle adaptée et une modernisation des programmes éducatifs.

 

Dans cette perspective, Clément De-Boutet M'bamba a appelé à renforcer le dialogue entre les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile organisée. Pour lui, les Conseils économiques et sociaux doivent jouer pleinement leur rôle de concertation et d’orientation des politiques publiques afin que les transformations économiques, écologiques et numériques profitent effectivement aux populations.

 

En réaffirmant l’engagement de la République centrafricaine en faveur des idéaux de l’AICESIS, le premier vice-président du CESE a enfin insisté sur la nécessité de partager les expériences, de construire des solutions innovantes et de consolider la coopération entre les institutions membres.

 

À Madrid, le message centrafricain se veut ainsi un appel à dépasser les déclarations de principe pour privilégier des actions concrètes en faveur d’un développement durable, d’une justice sociale renforcée et d’une transition économique et écologique véritablement équitable et solidaire.

 

Par Selda Junior

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